![]() « Il
est interdit d’éloigner
le citoyen du territoire national ou
l’empêcher
d’y retourner » Le droit au retour
des exilés
politiques tunisiens est un droit garanti par
En
effet, l’injustice
de l’exil ne se réduit pas tant à un vague sentiment de nostalgie
envers la
mère patrie, qu’à la conscience aigu que le fléau du despotisme qui
frappe la
Tunisie n’est pas prêt de toucher à sa fin. L’ampleur
considérable de la tragédie des détenus politiques
et ses retentissements moraux a contribué à faire confluer sur elle
l’ensemble
des forces politiques à l’intérieur comme à l’extérieur en tant que
priorité
absolue. L’unanimité qui s’est construite autour de cette question a
permis le
déclenchement d’un processus dense et constant d’activité de terrain,
qui a non
seulement débouché sur quelques séquences de lutte parmi les plus
lumineuses du
combat démocratique, mais sur l’émergence aussi d’un réseau associatif
complexe
et protéiforme qui a réussit par sa diversité, sa vitalité et son
efficience, à
attirer la sympathie et l’appui de l’opinion publique internationale
sur le mot
d’ordre de l’élargissement de détenus d’opinion en Tunisie. En faisant une
analyse correcte de la situation, les forces
démocratiques ont choisi au cours de ces dernières années, de taire en
toute
conscience et responsabilité, la blessure béante de l’exil pour se
concentrer
uniquement sur le drame des détenus. Il est inutile de rappeler ici que
l’exil
n’a pas manqué de jouer pendant cette période un rôle déterminant pour
donner
écho aux souffrances des détenus, par la forte mobilisation - en
complémentarité totale avec les efforts consentis à l’intérieur du pays
– qu’il
a suscitée en leur faveur Le combat visant
à vider les prisons de leur détenus
d’opinion, de les réhabiliter et de leur accorder des réparations
morales et
financières, est et restera inscrit en haut de l’échelle des priorités
politiques et humanitaires, et nous saisissons cette occasion pour
réaffirmer
notre engagement en tant qu’exilés, à poursuivre notre contribution
active et
directe pour mener cette noble mission à son terme. Grâce à leur
expérience sur le terrain politique et
humanitaire, notamment dans la défense du dossier des prisonniers, les
forces
démocratiques ont acquis depuis lors des riches traditions de lutte.
Elles ont
en outre accumulé un savoir faire par la promotion du pluralisme et la
permutation des rôles entre les différents animateurs en leur sein.
Nous sommes
convaincus plus qu’à aucun autre moment de notre combat, que cette
expérience
irremplaçable peut déboucher effectivement sur des nouveaux achèvements
qui
seront portés au crédit de nos conquêtes démocratiques, pour peu que
ces forces
décident de prendre à bras le corps le dossier des exilés, et aider à
satisfaire à leur revendication d’un retour à la mère patrie, dans
l’honneur et
la dignité. Ceci est d’autant plus juste que les rares solutions
individuelles
connues jusqu’à présent étaient soit sélectives, soit assorties de
conditions,
mais n’ayant en tous cas abouti qu’exceptionnellement à des issues
ménagées par
les méthodes de chantage ou de marchandage.
Considérant ce
qui précède, les signataires du présent
document/appel estiment que le temps est venu pour impulser un élan
sérieux, et
pour exprimer une volonté commune pour poser sur la table la question
des
exilés politiques tunisiens dispersées depuis plus de deux décennies,
dans des
dizaines des pays à travers les cinq continents, sur la base et dans le
cadre
des revendications de principe suivantes : 1-
Droit
au retour à tous sans exception, dés lors que la politique de
compte-goutte, de l’ignorance feinte, du chantage et de l’humiliation
que le
régime n’a cessé de pratiquer chaque fois qu’il s’agit de traiter du
dossier
des détenus, et depuis deux ans celui des exilés, est une politique
rejetée en
bloc tant du point de vue du principe que celui des procédés. 2-
Un
retour dans des conditions sûres, où la libre circulation, la
résidence de son choix, l’absence des poursuites judiciaires et
policières
seront d’autant plus garantis qu’il ya prescription sur les
condamnations dont
la majorité des exilés avaient fait l’objet. 3-
Un
retour dans la dignité et dans l’honneur, ou l’exercice des droits
civiques, le respect des convictions et la liberté d’œuvrer à la
poursuite, par
tous les moyens légaux garantis par la Constitution, d’activité
pacifique pour
atteindre ce que tout citoyen considère comme utile à l’intérêt
général, seront
protégés par la loi 4-
Ce
retour sur la base et dans le cadre des revendications de principe
susmentionnées ne peut cependant se matérialiser qu’au travers d’un
processus
de lutte revendicative et graduelle qui choisira ses outils militants
parmi
ceux qui sont possibles et en usage sur la scène démocratique, en vue
d’atteindre les buts escomptés, à savoir la satisfaction des
revendications. C’est en se
fondant sur cette plateforme revendicative qu’un
groupe de Tunisiens en exil à prit l’initiative de se réunir et de se
concerter
afin de trouver les meilleurs moyens et dégager la voie à un travail
organisé
et systématique, pour faire de l’idée « du retour à la mère
patrie dans la
dignité et la sécurité » une réalité tangible. Il a été décidé
ce qui suit : Premièrement :
La
mise sur pied d’une «Coordination » provisoire
qui aura pour
mission de mener des campagnes de sensibilisation auprès de l’opinion
en exil
sur le dossier du retour des exilés et sur la nécessité d’adhérer au
combat de
la reconquête du droit au retour. La dite Coordination œuvrera au
rassemblement
de toutes les victimes du drame de l’exil qui le souhaitent, pour faire
connaître leur cause et faire aboutir leurs revendications. Deuxièmement :
La Coordination aura également pour
tâche d’établir des contacts avec le plus grand nombre des militants en
vue de
la tenue d’un « Congrès constitutif » qui mettra sur
pied une
organisation qui portera haut le mot d’ordre du droit au retour de tous
les
exilés et de tous les réfugiés à l’étranger, et ce dans les meilleurs
délais. Troisièmement :
la « Coordination » œuvrera au
rassemblement de tous les acteurs de la société civile, individus ou/et
organisations non gouvernementales derrière la revendication du droit
au retour
en tant que question prioritaire, à mettre à contribution le réseau de
relations tissé par le mouvement démocratique et par les organisations
des
droits humains tunisiens avec les sociétés civiles à travers le monde
en vue de
les sensibiliser sur le drame de l’exil. Cette Coordination collaborera
avec
celles-ci dans le cadre de la solidarité humaine et internationale pour
l’inciter à plaider en faveur de la justesse de notre cause. Le calvaire de
l’exil n’a que trop duré. Et il devient
impératif d’engager un travail commun, qui doit non seulement être
efficace mais
systématique, pour exercer notre droit légitime et constitutionnel au
retour à
la mère patrie et dans nos foyers. Un retour sans
compromission. Un retour dans
l’honneur, à la hauteur de l’honneur de notre
cause. Un retour
responsable, à la hauteur de l’ampleur de nos
sacrifices pour la liberté et la dignité de notre peuple. Rédigé en exil ce 25 juillet 2008 Liste des premiers signataires par ordre alphabétique * Ce texte est la traduction du document paru en langue arabe sur Tunis news en date du 25 juillet 2008, quelques modifications y ont été toutefois apportées. |